Dans les chapitres 1 et 2 de notre Vadémécum, nous avons donné des conseils sur la manière de comprendre si l'orateur est crédible. Un élément clé est la compétence de l'orateur, qui doit être spécialisée et démontrée par une formation spécifique ou une longue expérience.

L'affaire « Luc Montagnier » a été très controversée précisément parce que ces critères étaient remplis. La désinformation peut donc également provenir d'une source apparemment crédible, comme un prix Nobel pour la médecine. Comment peut-on reconnaître ce type de désinformation ?

Nous proposons trois critères supplémentaires inspirés d'une réflexion du philosophe Alvin Goldman pour répondre à la question : Est-ce de la désinformation ?

  1. Que dit la communauté scientifique? Si deux experts ont des opinions différentes, essayons de comprendre ce que dit la communauté scientifique. Bien qu'il ne soit pas impossible que la majorité se trompe, il est plus facile que ce soit l'individu à se tromper.
  2. Y a-t-il des conflits d'intérêts? Il n'est peut-être pas facile d'évaluer si un expert a des conflits d'intérêts. Mais ceci reste un point central. Dans les publications scientifiques, par exemple, les chercheurs sont tenus d'indiquer qui finance l'étude (université, entreprise pharmaceutique, fonds publics).
  3. Que dit encore l'expert? Un dernier point concerne les déclarations de l'expert sur d'autres questions similaires : sont-elles contestées ou partagées ? Reflètent-ils l'opinion de la communauté scientifique ? Si un expert chante systématiquement en dehors du chœur, c'est peut-être uniquement parce qu'il aime entendre sa voix.

À l'ère de la désinformation, les personnes qui, renforcées par leur autorité, divulguent des opinions contraires à celles de la communauté scientifique compliquent les choses. Afin de nous orienter parmi les déclarations des experts, nous devons exercer notre sens critique.

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